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MARIE-CLAIRE RESTOUX « PAPOTAGE AU BORD D'UN TATAMI ! » |
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| Accueil | Épreuves de Judo aux Jeux Olympiques |
16h, je franchis les portes de l'I.N.S.E.P (Institut National du Sport et de l'Education Physique) et me dirige vers le bâtiment où doit s'entraîner la championne olympique de judo : Marie-Claire Restoux. Même si j'ai l'esprit en dessous de la ceinture, je n'ose pas m'aventurer dans les vestiaires, sous prétexte qu'il y a une panne de courant dans le couloir qui m'amène au dojo. Il faut dire, une trentaine de filles en kimono sur le tatami, c'est pas le moment de jouer les David Douillet version bonzaï. Bref, deux heures après, Marie-Claire Restoux m'indique la salle d'entraînement des garçons. Une vraie leçon de judo m'attend.
Vous êtes dans la catégorie des moins 52 Kgs. Avez-vous vous pris du poids dans votre tête, depuis votre titre olympique à Atlanta le jeudi 25 juillet 1996 ?
Marie-Claire Restoux : C'est sûr qu'à force de disputer de grandes compétitions on acquiert une certaine expérience. Avec un titre de championne olympique, les gens nous voient différemment. J'ai pris une certaine importance dans le monde du judo. C'est clair ! Ce titre m'apporte une confiance supplémentaire, que je n'avais pas en débutant le judo.
Quand je parlais de poids, je sous-entendais «Grosse tête » !
M.C.R : Ah ! Ah ! Ah ! Je ne pense pas avoir pris la grosse tête. A la limite, il faudrait poser la question, non pas à moi, mais aux gens qui me côtoient. Je suis assez entourée pour que le jour où je dérape, les gens puissent me remettre sur les rails. Non ! J'ai pas changé mes habitudes. Je continue à faire les courses, la vaisselle et cuisiner pour mon copain et les gens que j'aime.
Vous êtes pétillante, souriante. Est-ce que le judo pratiqué dès le plus jeune âge produit et facilite cette énergie ?
M.C.R : On n'est pas obligé de pratiquer le judo dès tout petit pour en retirer quelque chose. A chaque âge, le judo apporte quelque chose. Quand on est enfant, ce sport permet de se développer physiquement. On a une vie de groupe, puisqu'on s'entraîne tous ensemble à la même heure. On a besoin des autres pour progresser en judo. Cela permet de prendre confiance en soi, de s'aguerrir. Souvent, on met les enfants timides au judo pour qu'ils s'épanouissent.
Le dojo est un lieu où on doit manifester un changement intérieur pour développer la concentration, le respect de l'autre.
M.C.R : Le dojo est un espace où il y a des règles. A partir du moment où l'on monte sur le tatami, on ne fait pas n'importe quoi, entre guillemets. D'une part, on salue le tapis, puis, en groupe, les entraîneurs pour montrer le respect que l’on a d'eux. Il y une hiérarchie. A droite, les moins gradés, jusqu'aux plus gradés à gauche. Lors d'un combat, on salue son adversaire, au début et à la fin. La force de notre sport est d'apporter un cadre que l'on ne retrouve plus dans notre société, actuellement. Les jeunes qui pratiquent le judo rencontrent un cadre qu’ils n'ont pas forcément dans la vie de tous les jours. Sans juger quoi que ce soit... A l'école, autrefois il y avait des leçons de morale. Maintenant, il n'y en a plus. La structure familiale a tendance à éclater. Nombre d'enfants ont des parents séparés, divorcés. C'est toute une population qui se retrouve sans repères. Le judo apporte une vie de groupe. Même si c'est un sport de combat, le judo permet de se connaître, d’être bien ensemble. Ce n'est pas un cercle "d'amis", le mot est un peu fort. Mais de copains, copines qui s'apprécient.
Ce qui m'a étonné dans votre entraînement, c'est un manque de rigueur par rapport a ce que je pouvais imaginer. En fait, ça papote pas mal.
M.C.R : Ça papote ! Mais c'est pour mieux se connaître au sein du groupe et d'avancer.
Précisons que vous papotez lorsque qu'un groupe cède sa place à un autre sur le tatami.
M.C.R : On est toutes en recherche de la performance, on s'entraîne pour décrocher des médailles. Papoter fait partie de l'ambiance. Mais quand il y a trop de bazar, l'entraîneur intervient.
Le judo vient du Japon...
M.C.R : Au Japon, on ne papote pas autant. Cela vient de leur culture. Qu'ils soient dans un dojo ou dans une file d'attente pour acheter leur pain. Ils sont les uns derrière les autres, il n'y en pas un qui dépasse.
Ceci dit, vu les résultats du judo français depuis pas mal d'années, votre méthode de travail doit être respectée.
M.R.C : Oui !
Laisser de côté ses chaussures quand on va sur un tatami. Est-ce la recherche de la sérénité, loin des pensées désordonnées des pas perdus dans un hall de gare ?
M.R.C : Pardon ? Vous m'entraînez loin pour mes neurones... Hi ! Hi ! Hi !.... (Rewind, play !). C'est interdit de marcher avec des chaussures sur le tatami car elles sont allées dehors. C'est une question d'hygiène. Le judoka pratique toujours pieds nus. On laisse donc nos chaussure à côté du tatami. Au Japon, ça va plus loin. Eux, ils les laissent à l'entrée de la salle.
Le judo est d'abord une école où on apprend à chuter avant de projeter l'adversaire sur un tatami. Est-ce pour limiter la casse côté vertèbres ?
M.C.R : Non ! Si on veut faire chuter les autres, il faut d'abord apprendre à tomber soi-même. Quand on débute, il faut s'habituer au kimono sur le dos, attraper l'adversaire, acquérir une certaine souplesse et une connaissance de son corps. La chute fait partie de cette progression-là. Le judo n'est pas le sport le plus dangereux. En foot, il y a énormément de blessés. C'est vrai qu'en apprenant à chuter, cela évite de se faire mal.
Le judo ça n'est pas simplement deux personnes qui se chiffonnent le kimono. Mais aussi une gymnastique pour utiliser son corps de façon efficace. N'est-ce pas contraignant pour un débutant ?
M.C.R : Non ! Le judo est adapté à la capacité des gens. Il est évident que l'on ne va pas demander aux débutants de faire un entraînement comme le nôtre. Les débutants apprennent à tirer le kimono, à pousser... On est là pour donner des conseils. Le judoka évolue à son rythme. Je ne pense pas qu'il faille forcer les choses.
Je m'attendais, comme pour d'autres arts martiaux, à voir au départ de votre entraînement des mouvements de gymnastique sous forme de kata.
M.C.R : Il y en a beaucoup dans les clubs. Ici, on a une condition physique supérieure; on pratique un judo d’accès à la compétition. On ne va pas faire les mêmes exercices que la personne qui vient une fois par semaine dans un club pour se faire plaisir.. On fait un échauffement où le rythme cardiaque monte assez rapidement. On commence à courir, puis ont fait des renforcements musculaires et du saute-moutons. En règle générale dans les clubs, l'échauffement se fait très progressivement. Il y a des jeux, des roulades, des assouplissements.
La mode au judo, c'est de commencer par la ceinture blanche pour terminer ceinture noire. Défiler sur un tatami pour acquérir cette suprème récompense demande-t-il de nombreuses saisons ?
M.C.R : On ne peut pas être ceinture noire avant l'âge de seize ans. Quand on démarre le judo, on a une ceinture blanche. On passe une ceinture par an en moyenne. Il existe la blanche, la jaune, l'orange, la verte, la bleue, la marron et la noire. Après, il y a des "Dan"... Quand on arrive à la sixième "Dan", on a la ceinture rouge et blanche à damiers. Arrivé à la neuviève "Dan" _ au Japon c'est dix _ on a une ceinture blanche beaucoup plus large. En France, personne n’a atteint ce niveau. Dans l'esprit du judo, c'est un éternel recommencement. On a une connaissance extraordinaire du judo, mais on reste humble.
Le judo s'enseigne toujours en groupe. Pourtant, lors d'un combat vous êtes seule face à l'adversaire. N'est-ce pas contradictoire ?
M.C.R : Non ! C'est complémentaire ! On est toujours deux pour répéter les mouvements.
Toujours avec la même partenaire ?
M.C.R : Non ! On ne se lasse jamais, puisqu'à chaque entraînement cela change. Il y a des droitières, des gauchères, cela permet d'avoir un judo qui est différent en fonction de la personne qu'on a en face de soi. Plus on est nombreuses, plus on progresse et plus l'on devient polyvalentes. C'est un bon complément.
Depuis votre titre olympique, vous devez être assez sollicitée sur le tatami ?
M.C.R : Au niveau de l'entraînement à Paris, il n'y a que les meilleures. On se connaît bien. Mon titre n'a pas changé grand chose. Des fois, je ne suis pas demandée car je fais plus peur. Ah ! Ah !
Lors d'un combat en compétition, le kimono blanc s'impose toujours. Est-ce pour montrer son égalité dans l'adversité ?
M.C.R : Non ! au championnat du monde et aux J.O, le kimono est blanc. Depuis quelques années au Championnat d'Europe, il y a un kimono blanc et bleu. Ceci a été institué pour permettre de reconnaître plus facilement les deux combattants, lors des retransmissions télé.
La télévision aurait-elle pris le pas une nouvelle fois sur les règles sportives ?
M.R.C : Les gens qui ne connaissent pas le judo ont du mal à distinguer les deux adversaires dans un kimono blanc, même si l'un a une ceinture rouge et l'autre noire.
Pourtant au dos du kimono, il y a les trois premières initiales du pays.
M.R.C : Peut-être... Quand on prend un plan avec une caméra, c'est pas évident de faire la différence. Rien n’est encore décidé sur le plan mondial. Les japonais sont contre car, selon eux, cela va à l'encontre de l’éthique sportive.
Au moment du salut, peut-on déstabiliser son adversaire du regard avec une intense concentration?
M.R.C : Le regard ne suffit pas, puisque les filles sont d'un niveau égal dans les compétitions internationales.
Il n'y a pas le fameux regard qui tue ?
M.R.C : Je n'ai jamais tué personne. Ah ! Ah ! Ah ! Il y a des filles qui ont un regard méchant, car elles ont besoin de faire peur. Moi, je n'aborde pas les combats dans cet esprit là. Je me dis : je dois attraper la fille et la mettre sur le dos. Le regard ne fait pas la différence. Tout dépend de son tempérament, de son caractère.
Les catégories de poids en compétition peuvent réserver bien des surprises. Préférez-vous une nana petite bien tassée ou une grande élancée ?
M.C.R : Dans les moins 52 Kgs, en règle générale, les adversaires ont la même taille que moi et le poids est sensiblement pareil. On trouve des petites boules et des grandes tiges. Moi, je fais partie des grandes finish par rapport à l'ensemble de la catégorie. J'ai basé mon judo en fonction de ma morphologie. Je rencontre souvent des adversaires plus petites que moi. Je travaille beaucoup avec une prise de garde, sachant que j'ai une grande allonge au niveau des mains. Je peux ainsi tenir à distance mon adversaire. Je reconnais aussi mes points faibles. Une fille plus petite que moi aura tendance à rentrer en dessous de moi. Il faut que je sois plus vigilante. Mais je n’ai aucune préférence.
Je pense au niveau de Christine Cicot, qui a obtenu le bronze aux J.O chez les plus 72 Kgs. La presse n'a pas assez souligné son exploit.
M.C.R : Elle soulève une adversaire qui fait quasiment son double de poids . Comme quoi, les petites peuvent gagner. C'est vraiment dans la catégorie des plus 72 Kgs que l'on a d'énormes différences.
La force de la poigne du kimono, face à l'adversaire, est-il un rempart contre tout déséquilibre?
M.C.R : La façon dont on va prendre le kimono conditionne la technique qui va suivre. Maintenant, je dirais que tant qu'on ne prend pas le kimono, personne ne peut tomber. La prise de garde est donc très importante, un atout. Si je l'ai correctement, je suis très forte. Ce n'est pas un rempart, car si on part dans cet esprit, on est dans une situation défensive. La meilleure défense est l'attaque au judo.
Plaquez un mec, cela n'a jamais été un problème pour vous en dehors des tatamis?
M.C.R : Ah ! Ah ! Ah ! Je suis assez fidèle depuis quatre ans et demi. Ceci dit, on évite les scènes de ménage. Puisque lui, il fait du tir à la carabine. Lui, il est armé, je ne vais pas prendre de risque.
Au Tournoi de Paris 1996, vous avez été éliminée, balayée au 1er tour par la coréenne Hyun Sook-hee que vous avez ensuite battue en finale aux J.O. Est-ce que l'échec est une leçon à méditer ?
M.C.R : Oui ! J'en suis persuadée. En 1995, au Tournoi de Paris, je suis battue par une argentine dès le deuxième tour. Je la retrouve en finale du Championnat du Monde et je l'ai battue. Cela se reproduit en 1996, face à Hyun Sook-hee. Finalement, je me dis qu'il vaut mieux perdre au Tournoi de Paris et être présente aux grands évènements. En judo, il faut savoir perdre et analyser sa défaite et en tirer les leçons. Mais, il est important d'oublier son échec et ne pas s'apitoyer sur son sort : " - Oh la ! la ! J'ai été nulle devant le public français. C'est une catastrophe...". Il faut savoir évacuer sa défaite afin de ne pas la traîner pendant des mois.
Quel est le plus éprouvant : gagner ces combats jusqu'à la finale ou se faire étendre dès le 1er tour et avoir assez de rage pour atteindre la petite finale ?
M.C.R : Bonne question ! C'est plus facile d'arriver en finale et gagner. Psychologiquement on n’a pas de défaite à gérer. Quand on va pour la place de troisième, il faut effacer de suite sa défaite précédente. C'est plus difficile. Alors qu'arriver en finale, on a envie de gagner. On suit sa voie, c'est pour ça que je préfère gagner. Ah ! Ah ! Ah !
Vous arrive-t-il d'avoir une pensée pour Laetitia Tignola qui, blessée lors des championnats du monde 1995, vous a laissée involontairement votre chance de faire vos preuves et de remporter le titre ?
M.C.R : Je me dis que pour elle cela n'a pas dû être façile à vivre, même maintenant. Peut-être que c'était une compétition de trop à Cuba. La pauvre, elle s'est blessée en se fracturant trois vertèbres. Je me suis dit, quand elle s'est blessée : C'est ma chance, la seule, il faut que je la saisisse. J'ai gagné les Championnats du Monde. On m'a raconté qu'elle était en larmes à la cafeteria de l'I.N.S.E.P quand j'ai remporté le titre. C'est la dure loi du sport. Quand la sélection est tombée, c'était Laeticia qui était retenue. J'en avais gros sur la patate ! J'ai accepté la sélection, c'est le destin... C'est vrai qu'avec mon titre aux J.O, cela n'a pas arrangé les choses. J'ai pris quelques points supplémentaires vis à vis d'elle.Ceci dit, c'est une adversaire comme une autre, je la respecte. Laetitia est plus jeune que moi. Il faut qu'elle continue à s'entraîner.
Etes-vous préparée psychologiquement à la même éventualité : blessure = remplacement ?
M.C.R : Non ! Si on pense à la blessure, c'est à ce moment là que ça vous arrive. C'est pas parce que je suis championne olympique que cela ne m'arrivera pas. Je suis au même niveau que tout le monde. Le jour où je serai blessée, je laisserai ma place. Tant pis ! Cela fait partie du jeu, du sport.
Combattre avec votre club de Levallois pour des compétitions internationales, est-ce pour vous ressourcer en équipe ?
M.C.R : Le club, c'est très important pour moi. Je suis originaire de la Charente. Quand je suis allée à Paris m'entraîner avec l'équipe de France, j'ai pris une licence dans une équipe parisienne pour avoir des repères. Le club, c'est une seconde famille pour moi. J'ai des copains, copines là-bas. On a gagné pour la cinquième fois consécutive le Championnat de France. Ce qui est curieux c’est que l'équipe de France se retrouve quasiment dans ce club. Ainsi, l'ossature du club permet d'avoir de meilleurs résultats en équipe de France lors des compétitions internationales et hexagonales. Je crois que l'esprit d'équipe conditionne les résultats individuels. C'est sans doute pour cela que l'on papote sur le bord.
Comment consolidez-vous votre équilibre en dehors des tatamis ?
M.C.R : C'est parfois difficile à gérer. J'ai la chance de vivre avec un athlète de haut niveau qui fait du tir à la carabine en compétition : David Gasset. Je crois qu'il me comprend mieux que quelqu'un qui ne ferait pas de sport. Il accepte mes déplacements aux quatre coins du monde. Il connaît ça. L'équilibre en est ainsi renforcé. J' ai besoin d'être bien dans ma vie personnelle et affective pour être performante sur le tapis. Tout va bien ! On s'est fiancés il y a un an. On envisage de se marier, on ne sait pas quand ? Entre sportifs de haut niveau, on arrive à communiquer sur nos doutes, nos échecs. Psychologiquement, cela aide beaucoup.
Les objectifs 1997 ?
M.C.R : C'est simple ! Je vais essayer de passer deux tours au Tournoi de Paris. J'aimerais bien briller devant le public français. Paris n'est décidément pas ma compétition. Maintenant, je ne me formalise plus. Les deux plus gros objectifs sont : en mai, les Championnats d'Europe à Ostende en Belgique. C'est le titre qui manque à mon palmarès. Et puis les Championnats du monde à Bercy en octobre. Et ramener des médailles lors de tournois.
Craigniez-vous le ippon au moment de votre reconversion de championne ?
M.C.R : Le judo, on n'en vit pas, c'est clair. Ma reconversion se prépare maintenant. J'ai une licence de géographie. J'essaye de terminer ma maîtrise, malheureusement, je n'ai pas trop de temps en ce moment. A côté de ça, je travaille à la Mutualité Française où je me forme, afin d'être opérationelle quand je quitterai la compétition.
Vous ne resterez donc pas dans le judo, comme beaucoup de champions l'ont fait après leur carrière ?
M.C.R : J'ai passé mon brevet d'étape 1er et deuxième degré. Je peux donc enseigner le judo et former des professeurs. Je me suis spécialisée dans plusieurs directions afin d'avoir le choix à la sortie. Sachant que, même si je suis passionnée de judo, je pense qu'il faut connaître d'autres choses dans la vie. Je ne veux pas me limiter à ce sport. A priori, je ne veux pas être entraîneur. Peut-être donner quelques cours dans un club pour ne pas me couper du judo. On ne peut pas se sevrer de plusieurs années de haut niveau.
Une carrière de judoka de haut niveau s'arrête quand ?
M.C.R : Il n'y a pas vraiment d'âge. Je ferai le point après les championnats du monde à Paris. Les J.O de Sydney me paraissent très loin. En judo, cela évolue rapidement. Une fille qui est numéro un, peut être troisième l'année suivante. Il suffit d'une blessure ou que les adversaires qui sont derrière progressent vite. C'est une question de motivation. Le jour où je traînerai les pieds pour aller sur un tatami, stop ! J'ai envie d'arrêter avant de perdre.
Une petite anecdote sur le tatami ?
M.C.R : J'adore lire, notamment l'essai "L'alchimiste" de Paolo Coelho. Pendant les compétitions, je lis "Stephen King" pour oublier la pression.
Propos recueillis par Phil Marso / 1997
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Quand la Fédération française de judo n'a pas retenu Marie-Claire Restoux pour les jeux olympiques de Sydney, cela m'a rappelé l'entretien que nous avions eu en 1997. Elle me confiait alors qu'elle avait remplacé Laetitia Tignola qui était blessée. Le destin a voulu que celle-ci ait sa chance à Sydney. J'ai encore en mémoire cet entretien seuls à seuls sur le tatami, dans l'une des salles d'entraînement de l'I.N.S.E.P. Je pense avoir réussi à faire entrevoir les règles de vie de cet art martial. Je rêve de rencontrer des champions qui m'expliqueraient leur discipline sportive, comme a pu le faire Marie-Claire Restoux. |
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